Les tendances du marché du poele à bois !


Etonnant ! Alors que les français pensent que le secteur du chauffage au bois se porte bien, les professionnels sont bien plus réservés.

  • Quel avenir pour le marché du poele bois ?

Bruno Fernandez de NIBE France qui distribue les marques Contura et Norpeis en France, estime en effet que le marché des appareils bois buches va légèrement régresser d’ici 2016, probablement  de 260 000 à 230 000 pièces vendues par an.
Et ce n’est pas une bonne nouvelle pour les nombreux fabricants qui sont déjà en difficulté ou en vente.

Richard MAZZELLA, ancien dirigeant de Brisach, aujourd’hui consultant, est pessimiste. « Les perspectives ne sont pas bonnes, la RT 2012 si elle est globalement favorable au chauffage au bois n’est pas favorable au bois buche. Cela risque de ralentir les ventes si rien n’est fait. Le marché francais manquent de locomotives en forme qui montent le marché vers le haut ». Par exemple trop peu de fabricants et revendeurs de poeles à bois prennent le temps de présenter leurs solutions aux prescripteurs que sont les thermiciens ou les ingénieurs.
Il déplore aussi le rôle grandissant de la grande distribution qui met à mal la valorisation de l’expertise des installateurs professionnels.

Philippe Libois, dirigeant de Wanders pense  ainsi que "le panier moyen baissera de l’ordre de 10% du fait de la forte concurrence des premiers prix". La marque anglaise Charnwood par exemple s’y est préparé avec le lancement de la "SerieC" avec des appareils bien faits disponibles à partir de  1150€ TTC.
D’après Mr Libois, seul"le marché des poeles étanches de qualité se maintiendra".

Guy-Cédric Galéa, Directeur Général de Jøtul France pondère cependant ces prévisions : « Le marché du chauffage au bois devrait rester bien orienté au cours des prochaines années, soutenu par les augmentations régulières des autres énergies (gaz, fuel et électricité) ainsi qu’un engagement croissant du grand public en faveur des énergies propres et renouvelables. Effectivement, les fondamentaux sont là : « Le bois énergie est la bonne réponse pour des consommateurs en quête d’économie et d’écologie. »

Bref, si les ventes de cheminées vont continuer de baisser, si les ventes de poeles à bois vont se stabiliser voire baisser légèrement, la croissance des ventes de poeles à granules devraient globalement maintenir le marché à la hausse.


  • Et que dire des évolutions possibles des appareils ?


Guy-Cédric Galéa
, Directeur Général de Jøtul France rappelle que le marché du poêle à bois a considérablement évolué ces dernières années. « Longtemps dominé par les poêles « classiques » de grande dimension (bûches de 50 cm), le marché a basculé ces dernières années vers les appareils contemporains plus compacts (bûches de 30cm). Finie la course à la puissance, on privilégie aujourd’hui le rendement et la qualité de combustion ».

« L’avenir , précise-t’il « appartient aux appareils performants munis de systèmes de double combustion, présentant des rendements très élevés sur toute la plage de puissance, tout en limitant fortement les émissions de polluants et particules. »

David Violan, Directeur Commercial de Dovre France confirme ce constat: « on ne chauffe à fond que 16 jours par an ». Il faut donc bien que les appareils performent aussi a petite puissance.
Il  se permet même d’être optimiste à long terme car selon lui le besoin  d’appareils de petites puissances associé aux problèmes que rencontrent les chauffagistes avec les poêles à granulés devraient ramener certains utilisateurs des chaudières et poeles pellets vers le poele à bois…à terme. Patience donc ?
Il annonce même le développement probable des poeles au gaz pour la simple et bonne raison qu’ « un tel chauffage suffit pour des maisons très bien isolées comme toutes les nouvelles constructions ». L’Astroline a gaz de Dovre devrait ainsi être lancé sur le marché sous peu. A suivre donc.

Mais revenons aux évolutions que devraient connaître les poeles à bois :

Pour Philippe Libois de Wanders, le marché va aussi « vers la qualité de combustion et la capacité de régulation des poêles » . Il ajoute à la liste de ce cahier de tendances « le raccordement à l’air externe (assimilé BBC) et l’accumulation qui commence à intéresser les consommateurs ».

Bruno Fernandez pour Contura et Norpeis constate effectivement que «  la généralisation des accumulateurs de chaleur est une réalité  depuis 2 ans et cela va se poursuivre. Cette option peu couteuse (max 450€), totalement naturelle et sans moteur permet en effet d’allonger considérablement la période de chauffe d’un appareil jusqu’à 14 heures efficace ».


Petite taille, modulation de puissance, propreté des émissions, étanchéité, accumulation de chaleur
…autant d’évolutions qui nécessitent de lourds investissements pour les fabricants.
Bruno Fernandez
indique ainsi que « Le nerf de la guerre réside dans la capacité des sociétés présentes sur le marché à investir ». Et cela ne vas pas être simple pour tout le monde.
Philippe Libois qui s’est tour à tour rapprocher de Franco Belge et de Nestor Martin, prévoit ainsi une diminution probable des intervenants.

L’évolution de la règlementation a impliqué de nombreuses évolutions produits qui impactent très fortement la filière et ses acteurs. Et sans doute le prochain "round" de changements règlementaires concernera la qualité de l’air et les changements climatiques. Le marché n’est pas prêt de s’endormir…

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et vous trouverez ici notre dossier sur le poele a pellets

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