Nouvelles aides à l’éco-rénovation thermique

Renovation energetique et chauffage au bois
Depuis le 1er janvier 2013, la RT 2012, qui s’applique à tous les bâtiments neufs, est très stricte sur les normes d’isolation ce qui leur permet d’avoir de très faibles besoins en énergie, leur garantissant la classe A (niveau de performance le plus élevé du DPE). Mais tout le monde n’habite pas dans un logement neuf…

Parallèlement, les performances énergétiques du parc d’habitation existant (résidentiel et tertiaire) sont loin d’être efficaces. En effet, beaucoup de logements restent encore très mal isolés (murs, toit, fenêtres) ou encore ont des systèmes de chauffages peu performants et énergivores.
Une rénovation énergétique est un lourd investissement et avec les prix de l’énergie qui augmentent chaque année, de plus en plus de français n’ont plus les moyens de chauffer leur maison convenablement. Ces français sont confrontés de plus en plus à la précarité énergétique (elle touche aujourd’hui plus de 8 millions de personnes).

Le gouvernement s’attaque à ce problème en mettant en place le dispositif «rénovation thermique des logements» pour aider les ménages à mener à bien des travaux améliorant la performance énergétique de leur logement.

  • J’éco-rénove, j’économise

Présenté au grand public sous la marque «J’éco-rénove, j’économise», le plan de rénovation énergétique a pour ambition d’inciter les Français à engager des travaux de rénovation énergétique dans leur habitat et de les aider dans leurs démarches.

Les travaux de rénovation énergétique permettent, à terme, de réaliser des économies non négligeables car maîtriser les dépenses d’énergie passe donc nécessairement par une diminution des besoins de chauffage.

Selon le communiqué de presse du gouvernement, en effectuant des travaux de rénovation énergétique, une famille peut réduire sa consommation d’énergie et faire d’importantes économies. La facture annuelle de chauffage représente environ 900 € en moyenne par ménage (soit 9 % de leur budget). Entre une maison mal isolée et une maison très performante, la facture peut passer de plus de 2 500 à 250 € par an, ce qui représente une économie de près de 200 € par mois.

  • Plus d’aides pour les ménages

Le nouveau plan est accessible et adapté à chaque typologie de ménages (copropriétés, propriétaires occupants, locataires, propriétaires bailleurs, logements sociaux, entreprises).

Aujourd’hui, les travaux d’éco-rénovation peuvent être financés jusqu’à hauteur de 80% par les aides publiques. Le montant des aides dépend de la nature des travaux, du type de logement, de la composition du ménage et de ses revenus.

Les dépenses éligibles sont : les travaux relevant d’au moins deux catégories parmi l’isolation des murs, des toitures ou des parois vitrées ou l’installation d’équipements de production d’énergie, de chauffage ou d’eau chaude sanitaire performants.

Le dispositif est ambitieux : rénover 500 000 logements par an d’ici à 2017 (dont 380 000 logements privés), et diminuer de 38 % la consommation d’énergie dans le secteur du bâtiment à horizon 2020 (le bâtiment reste le premier poste de consommation énergétique devant les transports et la deuxième source d’émission de gaz carbonique en France).

Les aides existantes (éco-prêt à taux zéro, crédit d’impôt développement durable) vont être optimisées ; la subvention spécifique pour les ménages modestes (46 % des Français) a été renforcée (de 35 à 40 % du montant des travaux) et deux nouvelles primes de 1 350 et 3 000 euros ont été créées (deux tiers des Français y sont éligibles).
Ainsi, 95 000 primes pour la rénovation thermique de logements privés sont prévues d’ici à 2015, soit une enveloppe totale de 135 millions d’euros. Ces aides s’ajoutent aux dispositifs innovants de subventions des collectivités locales.

  • Comment financer l’éco-rénovation ?

Face aux contraintes actuelles sur les finances publiques et au déficit budgétaire qui dérape, les professionnels émettent des réserves sur la réussite du financement d’un tel dispositif à l’horizon 2017. Selon eux, 15 milliards d’euros par an seraient nécessaires à la réhabilitation thermique de 500 000 logements en France (ce qui correspondrait à une hypothèse moyenne de 30 000 €/logement rénové, soit environ 250 €/m2 de surface habitable pour une maison de 120 m2).

Pour atteindre ces objectifs, le gouvernement compte financer la rénovation thermique par le Grand emprunt national envisagé auprès de la Banque européenne d’investissement (à hauteur de 9 milliards), de même que par une simplification des certificats d’économie d’énergie. Il prévoit aussi la mise en place des financements innovants permettant de lisser les investissements sur des décennies d’économies d’énergie.

En effet, la particularité de l’investissement dans la rénovation du parc bâti est que, théoriquement, il va rapporter de l’argent grâce aux économies d’énergie faites, et cette économie financière sera chaque année plus importante en raison de  l’augmentation du prix de l’énergie.

  • Impacts de la rénovation sur le chauffage au bois   

Les travaux de rénovation énergétique visent à consommer peu d’énergie pour le chauffage et l’eau chaude. Les fabricants d’appareils de chauffage au bois seront obligés de se calquer sur ces nouveaux besoins en proposant de plus en plus des appareils de chauffage au bois adaptés, de plus petite puissance et mieux régulés.

Selon une étude Enerplan, la filière du chauffage au bois constitue une des réponses les plus pertinentes pour alléger les consommations d’énergies classiques : « le choix de l’énergie bois reste pertinent dans bien des zones géographiques. Dans sa configuration la plus simple, une chaudière bois, automatique ou manuelle, permet dans la plus grande majorité des cas de passer sous le seuil du Cep Max ».

Une progression du chauffage au bois dans les logements rénovés pourrait engendrer une consommation stable du fait de l’amélioration des performances énergétiques des systèmes de chauffage et des logements : Plus de foyers équipés (Objectif grenelle de 12millions d’ici  2020) mais moins de bois consommé en moyenne par chacun de ces foyers.

  • Conclusion

Le défi de la rénovation thermique est immense et sa réussite implique des moyens importants et des choix courageux. Le Grenelle de l’environnement avait programmé une réduction de la consommation d’énergie du parc de logements et de bureaux de 38 % d’ici à 2020 par rapport à 2008.

Certaines études (faites pour le cabinet Carbone 4) ont démontré que la rénovation peut entraîner deux effets souvent sous- estimés qui limitent considérablement les gains réels tirés des rénovations.

En effet, les ménages habitant des maisons mal isolées restreignent leur consommation. Après rénovation, ils se chauffent mieux, annulant ainsi une partie de l’économie d’énergie : c’est «l’effet rebond». D’autres études faites par l’association negaWatt estiment qu’il faudrait plutôt viser un million de rénovations annuelles en rythme de croisière pour  atteindre les objectifs du Grenelle, mais à quel prix !  

Pour en savoir plus sur l’éco-rénovation
http://renovation-info-service.gouv.fr

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